La Voix du Nord du jeudi 7 octobre 2010

“Du haut de ce comptoir, trois siècles nous contemplent”, pourrait-on déclamer en arrivant au Black Night Rock Café. C’est une véritable tradition de la pression qu’ont fait revivre Julien et Muriel, en rénivant complêtement les lieux, situés au 29, rue de Roubaix. À l’abandon depuis la fermeture du dernier café en 2004, il était en ruines, ou tout comme. « On savait que ça allait prendre du temps, mais on était motivés. Juste après la visite, on avait déjà modélisé un rendu final », expliquent ces deux fans de rock. Dès le mois de février, ils commencent à chiner un peu partout pour constituer le mobilier, qu’ils retapent ensuite à domicile. Ainsi on trouve des poufs faits à partir de vieilles chaises de bière, une porte de trappe reconvertie en table ou des chaises du début du siècle. Les travaux, quant à eux, débutent le 23 avril, « sans eau ni électricité, qu’il a fallu aller chercher à la cave ». Pendant la rénovation les relations avec le voisinage et le quartier se tissent, et le bouche à oreille commence. Enfin, le 31 août, après quatre mois de bétonneuse, ponçage de plancher et autres serrages de vis, les travaux prennent fin. « On pouvait difficilement tenir si on n’ouvrait pas à la Braderie », confesse Muriel, qui est également artiste peintre. L’établissement ouvert, la clientèle afflue rapidement. On ne trouve pas que des rockeurs en blouson noir parmi elle. Des gens de tout horizon, « même de Belgique », viennent également écouter le son rock qui retentit au coin des rues de Roubaix et des Jardins, « On est juste assez reculé pour attirer la clientèle ciblée », explique Julien, ancien professeur de batterie. Une sélection géographie naturelle qui permet tout de même de faire des rencontres. Personne ne reste seul longtemps au « Black Night » puisque Muriel se charge de présenter les isolés du comptoir à d’autres habitués, « c’est plus convivial, dans l’esprit du lieu ».